suite Introspection je me jurais de ne jamais plus me salir les mains


suite Introspection je me jurais de ne jamais plus me salir les mains

J’ouvris le coeur aux pages et devenais sage, au fond pourtant les odeurs d’inconstance, de révolte, de dégoût subsistent, simplement cachées comme une mauvaise action causant la honte ou plutôt comme un drame incurable.

Puis, en observant mes mains je reconnus une image pieuse alors je me jurais de ne jamais plus les salir.

Devant l’omniprésence de la boue, je fuis, dissimulant mon secret sous de fallacieux sourires et rêvant de liberté puis souhaitant vivre. Dans mes mains tant d’espoirs à voir, tant d’utopies :

Une colombe survole un océan vide,
Un coeur explose de timidité devant le sourire d’un être cher,
Un enfant ouvre les yeux et découvre des parents attentifs,
Un guitariste embrasse son instrument,
Une hirondelle construit son nid au revers de mes veines,
Mon estomac remercie mon corps pour les fraises offertes et digérées.
J’entraperçus même votre avide et cupide visage, confronté à l’invisible, souriant aux nouveaux princes, aux épigones cupides.

Interrogateur et surpris je me souviens parfois de cette invivable décade.
Nul ne peut deviner si le présent est la conséquence de cette existence, pourtant sans animadversion envers les critiques souhaitant me transformer en cadre émérite et distingué, je plongeais aux creux de la démence, dans les soubresauts de l’impondérable dérèglement spirituel.
J’étais Moi et changer la vie de ce corps à l’âme vagabonde devenait impérieux. Impétueux, je rêvais mais une étoile veillait, c’est précisément consécutivement à cette métamorphose que naquirent les images hideuses d’un cauchemar longtemps compagnon de mes nuits.

Près du gouffre, sans ressort, seul presque solitaire, mes membres cessent de s’exprimer, l’émeute semble inévitable, la haine, attisée sous de sibyllins prétextes, devient difficilement refoulable. Je m’agglutine aux recoins de mes artères, mais suis démasqué, déclaré coupable de port anachronique d’ostentatoires concepts ; derrière la cheminée tournent les corbeaux, sans remords ni hâte, conscients d’encercler leur cible, la fuite donnerait un répit mais on ne trompe pas ainsi les messagers du diable.

Derrière mes vibrisses, la foule pressent une poudre, dans mes veines, un alcool. Une descente au sud s’impose, la remontée des enfers pourrait-elle accepter de l’accompagner.

Sur le belvédère
J’observe la mer
En mutilé solitaire
Ombre sans chair

Déjà je ressentais mon esprit s’enivrer des inconstances de la mémoire, subsister de la saveur du passé, croire en une histoire jamais rencontrée mais souhaitée, ne plus accepter l’effort créatif, le voyage onirique.

La marge, c’est encore la feuille.

Terré je subissais néanmoins leurs foudres. Au flanc gauche nulle trace de sang, j’avais pourtant cassé mes premières réflexions, désaccordé les vertus théologales et l’aube n’apporta que songes déjà hérétiques. Vraisemblablement une agitation d’engrammes parvenus à se libérer d’un inconscient trop souvent dénudé. Sans goût ni vigueur, je revins disposé à confier ce passage aux soins de la recherche expérimentale. J’ai retrouvé sa main dans une forêt luxembourgeoise, un regard séraphique, si loin du présent.

Ranimé j’existe
Pourtant le couperet de la médiocrité carcéro-socialo-professionnelle demeure.
Mais la lueur est un vanneau au reflet d’hirondelle… nova éternelle.

Préserve-moi, ouvre-moi les yeux si nécessaire. Déclaration, supplique à l’égérie gracieuse.

Le bonheur et la démence reconnus. Année de rêves mais du zénith au nadir nous transportera la vie.
Un jour, une heure, une seconde même,
Un mot de travers
Un passant hors du passage protégé et boum, descente non contrôlée.